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Histoire des signes

 

 

D’où viennent les signes du Zodiaque et les qualités qui leurs sont attribués ?

 

Il n’est paradoxalement pas facile de répondre à cette question et il existe d’ailleurs plusieurs manières de le faire. Commençons en mettant nos pas dans ceux de nos ancêtres et en imaginant leurs pensées lorsqu’ils contemplaient la voûte céleste, il y a de cela plusieurs milliers d’années. Nous continuerons ensuite par la recherche historique à travers les textes et traces laissées par ces civilisations disparues

 

Il y a 5000 ans les hommes habitants les berceaux de la civilisation (Egypte et Mésopotamie) sont en majorité des paysans, qui vivent au rythme des saisons et dépendent des phénomènes météorologiques pour leur survie. Ils n’ont pas plus de calendrier des Postes que de smartphone pour savoir comment se repérer dans le temps. La science du calendrier est détenue par des prêtres astronomes et elle est nécessairement liée aux mouvements planétaires observables la nuit. Parce que le jour, n’est-ce pas, on voit quand même moins bien les étoiles (fixes) et les planètes (mouvantes).

 

Pas de pollution lumineuse, d’éclairage urbain, ni de télévision, nos ancêtres ont passé de longues nuits à observer la voûte étoilée, spectacle magnifique s’il en est. En tout cas ceux qui ne levaient pas tôt le lendemain matin pour biner la terre... « La simple contemplation de la voûte céleste suffit à déclencher une expérience religieuse », écrivait le grand historien des religions Mircea Eliade. Encore plus au Moyen Orient où le ciel est souvent dégagé et d’une grande netteté, offrant aux regards une vision somptueuse et fascinante.

 Que voyait-on la nuit ? On pouvait voir Vénus et Mercure quelques heures avant le lever du Soleil ou quelques heures après son coucher, suivant la position de ces planètes, qui semblent, vues de la Terre ne jamais s’en écarter beaucoup.

 On voyait aussi une multitude d’étoiles fixes et 4 planètes (du grec « planêtês », vagabond, errant) qui tiennent leur nom actuel de la mythologie romaine : la Lune, Mars, Jupiter et Saturne. Uranus, Neptune et Pluton sont trop lointaines pour pourvoir les détecter avant longtemps.

 Ces planètes ont un mouvement régulier encore qu’elles semblent parfois reculer (sauf la Lune bien sûr). Mais comment mesurer leur mouvement ? Il faut un arrière-plan pour cela. Le seul arrière-plan possible est celui des étoiles fixes, que l’on associe à des formes connues (animales surtout) pour pouvoir s’en souvenir facilement. Ces groupes d’étoiles seront appelées plus tard (vers 1265) des constellations.

 Il est donc très probable que ces constellations ont d’abord été imaginées pour servir de comput astronomique, bien avant que la création du symbolisme zodiacal. Elles ont aussi très tôt « servi» de demeures aux Dieux de chaque époque, qui étaient censés y résider.

 

 

Mais quelle civilisation a nommé ces constellations et comment ont-ils choisi ces noms ? Deux hypothèses s’affrontent :

 

-      Une hypothèse qui fait démarrer l’astronomie en Mésopotamie au sens large (Akkadiens et Sumériens, puis Babyloniens), qui passent le flambeau aux Grecs et aux Egyptiens, qui auraient reçu l’héritage mésopotamien par le biais des grecs dans les bagages des conquêtes d’Alexandre.

 

-      Une hypothèse qui penche plutôt pour des échanges entre Egyptiens et Mésopotamiens, avec les Grecs en héritiers de ces deux civilisations. Les Egyptiens ont laissé très peu de traces écrites, mais leurs monuments et leur calendrier, très précis, parlent pour eux. Et la coïncidence entre le nom des signes et le calendrier agraire égyptien est plus que troublante.

 

 

A l’appui de la thèse mésopotamienne, on trouve une astronomie avancée dès le début du premier empire akkadien (Nord de la Mésopotamie), fondé par Sargon (2334-2279 avant J.C.).

 

Au deuxième millénaire avant J.C., la civilisation babylonienne a remplacé la civilisation suméro-akkadienne, elle sera appelée 1000 ans plus tard la civilisation Chaldéenne dont le nom sera plus tard synonyme d’astronomes / astrologues dans le bassin méditerranéen, ils seront bientôt moqués par Isaïe et pour finir, confondus avec les devins et charlatans à l’époque romaine.

 

Les chaldéens conserveront encore leur science jusqu’à l’approche de l’ère chrétienne, l’astronome chaldéen Séleucos de Séleucie (né en 190 avant J.C.) a par exemple proposé un modèle héliocentrique où la Terre tournait sur elle-même et effectuait en outre une révolution autour du Soleil. Il reprenait en fait la thèse du Grec Aristarque de Samos (environ 310 – 230 avant JC), 17 siècles avant Copernic…

 C’est à cette civilisation sumérienne que nous devons la division du cercle et du ciel en 360 degrés et la division des heures en 60 minutes puis en 60 secondes. Sumer développe en effet un système sexagésimal, basé sur le nombre 60, alors que notre système est décimal, fondé sur le nombre 10.

 Ils avaient une année de 360 jours, divisée en 12 mois de 29 à 30 jours (avec un treizième mois tous les 3 ans) et c’est aussi des Babyloniens que nous avons hérité de la semaine de sept jours - chacun d’entre eux étant nommé d’après l’un des astres mobiles qu’ils connaissaient : le soleil, la lune et les cinq planètes qui en sont les plus proche (Mercure, Venus, Mars, Jupiter et Saturne). Cela demeure 4000 après et cela n’est pas près de changer…

 

Si on s’intéresse maintenant aux traces écrites, le texte le plus souvent cité est le fameux traité « Mul.APIN », dont un exemplaire se trouve au British Museum (BM 86378). Mul.APIN est le nom donné à 2 tablettes de 8 cm de hauteur, véritables merveilles d’écriture miniature en cunéiforme, dont l’original fut déposé à la Bibliothèque de Ninive du temps d’Assurbanipal, donc avant 627 avant JC. Il commence par le mot Mul.APIN, soit «l’Etoile (Mul) de la Charrue ». De nombreuses études montrent que les premières observations astronomiques utilisées par ce texte remontent environ au 1er millénaire. Cette série de tablettes est divisée en 8 chapitres (cf. un bon résumé sur ce site plus précis que bien d’autres, mais en anglais).

 Le huitième chapitre, « Les étoiles du Chemin de la Lune » est le plus intéressant pour les astrologues. Il donne une série de 17 à 18 constellations traversées par la Lune (il subsiste un doute sur deux noms qui pourraient n’en faire qu’un). Plus précisément, le texte parle des « Dieux qui se tiennent sur le chemin de la Lune, dans les régions qu’au cours d’un mois, la Lune traverse et qu’elle atteint ». On y trouve un zodiaque assez proche du zodiaque tropical actuel dans ses intitulés sinon dans son point de départ.

 

  1. Mul.MUL : les "Etoiles-étoiles" en sumérien, ou les Pléiades, équivalentes à une partie de la constellation du Taureau, ses régents étaient les BI-DINGIR, les 7 démons des tempêtes. Cette constellation ne fera plus partie du zodiaque par la suite, fusionnée avec la suivante, le Taureau.
  2. Mul.GUD.AN.NA : « Le Taureau Céleste » équivalent à peu près équivalent à la constellation du Taureau, son régent était ANU, le Dieu du Ciel (le régent ou maître actuel du Taureau est Vénus).
  3. Mul.SIBA.ZI.AN.NA : le fidèle Berger d’Anu, ou Orion, son régent était PAPSUKAL, le messager des dieux. Cette constellation ne fera plus partie du zodiaque par la suite, trop éloignée de l’écliptique.
  4. Mul.SHU.G : le vieillard, équivalent à la constellation Persée, son régent était ENMESHARRA, le Maître de tous les pouvoirs. Cette constellation ne fera plus partie du zodiaque par la suite, trop éloignée de l’écliptique.
  5. Mul.GAM : la Crosse ou la Houlette en sumérien, ou la constellation du Cocher, son régent était GAMLUN, le dieu de l’orage. Cette constellation ne fera plus partie du zodiaque par la suite, trop éloignée de l’écliptique.
  6. Mul.MASH.TAB.BA.GAL.GAL : les grands compagnons en sumérien, équivalents à la constellation des Gémeaux, qui comprends les étoiles Castor et Pollux, Ses régents étaient LUGALRIRRA et MESHLAMTAEA, deux dieux de la guerre et de la mort. Le régent actuel des Gémeaux est Mercure.
  7. Mul.AL.LUL : le crabe parfois traduit écrevisse, équivalent à la constellation du Cancer), son régent était aussi ANU, le Dieu du Ciel. Le régent actuel du Cancer est la Lune.
  8. Mul.UR.GU.LA (le Lion, équivalent à la constellation du Lion), Son régent était LATARAK, dieu guerrier à tête de lion. Le régent actuel du Lion est le Soleil.
  9. Mul.AB.SIN (le sillon des grains en sumérien, équivalent à la constellation de la Vierge), sa régente était SHALA / NISABA, déesse des récoltes. Le régent actuel de la Vierge est Mercure.
  10. Mul.ZI-BA-NI-TUM (balance en akkadien, soit la constellation de la Balance), Son régent était SHAMASH, dieu du soleil et de la justice. Le régent actuel de la Balance est Vénus, un principe un peu similaire d’Harmonie.
  11. Mul.GIR.TAB (épée de feu, soit Scorpion en sumérien, équivalent à la constellation du Scorpion), sa régente était ISHARA / ISHTAR, déesse de l'amour et de la guerre (une alliance surprenante…). Le régent actuel du Scorpion est Mars ou Pluton pour les modernes, aussi lié à la guerre.
  12. Mul.PA.BIL.SAG (le prince flamboyant, un centaure avec des ailes et une queue de scorpion, équivalent à la constellation du Sagittaire), Son régent était ENKI / EA, dieu de l'eau et de la sagesse puis NINURTA, dieu des enfers. Le régent actuel du Sagittaire est Jupiter.
  13. Mul.SHUHUR.MASH (la Carpe-chèvre, équivalent à la constellation du Capricorne), son régent était ENKI / EA, dieu de l'eau et de la sagesse. Le régent actuel du Capricorne est Saturne.
  14. Mul.GU.LA (le géant, équivalent à la constellation du Verseau), son régent était aussi ENKI / EA, dieu de l'eau et de la sagesse. Le régent actuel du Verseau est Saturne ou Uranus pour les astrologues modernes.
  15. Mul.SIM.MAH, déesse de l’Euphrate, à la symbolique aquatique évidente et qui recouvre une partie des Poissons actuels. Le régent actuel des Poissons est Jupiter ou Neptune pour les astrologues modernes.
  16. Mul.zibbâti et Mul.Anunitum (les queues des poissons et la Déesse Aninutum, recouvrant la constellation des Poissons et une partie d’Andromède),
  17. Mul.LU-HUNG, le mouton au repos en akkadien, parfois traduit en travailleur journalier, venant du sumérien LU.HUN.GHA, mais comme son régent est DUMUZI/THAMMUZ, le dieu des bergers, on retiendra plutôt le nom akkadien, qui évoque la constellation du Bélier.

 

 

 On retrouve à ce stade pré-zodiacal les 12 signes-constellations du futur zodiaque, avec des noms qui passeront l’épreuve du temps pour la plupart. Tant de choses vont changer en 3000 ans, mais pas les noms ni les symboles de ces constellations. On trouve aussi des constellations qui sortiront du zodiaque final : les constellations des Pléiades (comprises dans le Taureau moderne), d'Orion, de Persée, du Cocher, et d’Andromède. A l’époque, les constellations sont les demeures des Dieux variés du panthéon mésopotamien. C’est vers 419 avant J-C que le zodiaque de 12 signes de 30° se figera, comme l’atteste une tablette.

 

Cette astronomie est étroitement associée à l’astrologie, mais d’une façon très rustique. Sous forme de signes et de présages qui intéressent le royaume tout entier. Il n’existe qu’un embryon d’astrologie personnelle, surtout celle qui touche à la personne du Roi. Les prédictions défavorables peuvent être contre carrées par des rituels et incantations.

 

Etait-ce un âge d’or de l’astrologie ?

Ca n’y ressemble pas… Les listes de présages occupent certes une place très importante dans les bibliothèques royales mésopotamiennes : sur environ 3 000 documents épistolaires de celle d’Assourbanipal (668-629 avant notre ère) parvenus jusqu’à nous, plus de 700 sont des rapports astrologiques. Le plus célèbre d’entre eux, l’Enouma Anou Enlil qui comporte 70 tablettes datant de la seconde moitié du IIe millénaire avant notre ère contient environ 7 000 oracles ! De fait, les astrologues jouent un rôle essentiel à la cour du roi et donnent leur avis sur tout ce qui passe, en concurrence et parfois en association avec l’hépatoscopie, activité des devins qui consiste à lire l’avenir dans le foie des agneaux sacrifiés rituellement. On ne peut pas dire que ça vole très haut au niveau des prévisions: « Si au mois d’Elul, il se produit une éclipse : il y aura une famine et l’armée en nombre sera massacrée ».

 

Le prophète Isaie (47, 13-15) se moque des astrologues de Babylone: «Tu t’es épuisée à force de consultations, qu’ils se présentent donc et te sauvent, ceux qui détaillent le ciel, qui observent les étoiles, qui annoncent chaque mois ce qui va fondre sur toi. Voici qu’ils seront fétus de paille, le feu les brûlera, ils ne sauveront pas leur vie de l’étreinte de la flamme […]. Ainsi auront été pour toi tes devins, pour lesquels tu t’es fatiguée depuis ta jeunesse : ils ont erré, chacun devant soi, et pas un ne t’a sauvée. »

 

Malgré leurs connaissances en astronomie, ces astrologues mésopotamiens ne sont pas les initiés de l’antiquité, ce n’est pas chez eux qu’on trouvera des connaissances astrologiques utiles. Leur obscurantisme est affligeant, qui les conduit à conseiller au roi de ne voir son fils que lorsque Mercure sera visible dans le ciel, sans parler du tissu d’idioties invraisemblable dont sont remplis leurs recueils de prévisions.

 

 

Qui d’autre à l’époque (un ou deux millénaires avant JC) a pu donner des noms aux constellations ? Les Egyptiens

Leurs connaissances astronomiques sont déjà très avancées à la date où la grande pyramide Gizeh (dite également de Khéops) est bâtie, soit 2700 avant J-C. Ils n’ont pas laissé beaucoup de traces écrites de cette époque (et l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie a fait disparaitre ce qui aurait pu en rester) mais leurs monuments parlent pour eux, ce qui était manifestement leur intention.

 

Cette pyramide a fait couler beaucoup d’encre, suscité quantités d’analyse et spéculations diverses, notamment sur les méthodes de constructions, jamais égalées depuis, mais aussi sur ses proportions, qui montrent un désir d’utiliser les nombres Pi (3.14159) et Phi (1.618), le nombre d’or et enfin sur sa finalité.

 Les Égyptiens étaient en effet d’aussi bons architectes qu’astronomes, combinant ces deux disciplines en une seule et orientant leurs monuments en tenant compte des points cardinaux mais aussi de certaines étoiles ou constellations (Orion).

 C’est l’égyptologue William Matthew Flinders Petrie (mort en 1942) qui, au XIXe siècle, est le premier à avoir attiré l’attention sur l’extraordinaire précision obtenue par les Égyptiens, relevant que la grande pyramide est orientée suivant les quatre points cardinaux avec une erreur moyenne de 0° 3’, et que l'erreur moyenne sur les angles droits de la base est également de 0° 3’.

 

Les prêtres de la religion Egyptienne avaient une compréhension aigüe du rôle des Equinoxes et Solstice dans le renouvellement énergétique terrestre et la Grande pyramide est précisément alignée sur ces grands moments de l’année. Cette connaissance s’est transmise à travers le temps, le solstice d’hiver était la fête de Sol Invictus pour les Romains, et le choix final par l’Eglise de la naissance du Christ le 24 Décembre n’est évidemment pas anodin.

 

D’ailleurs, la Grande pyramide est située à 12345 km des pyramides de Teotihuacán et des dessins de Nazca au Pérou, qui marquent aussi les Equinoxes.

 

Leurs connaissances en astronomie leur ont permis de bâtir dès 4000 avant J.C un calendrier aussi précis que le calendrier Grégorien actuel.

 

Ils avaient une année de 365 jours, divisée en 12 mois de 30 jours plus 5 jours épagomènes qui voyaient la naissance de 5 Dieux Osiris, Seth, Isis, Nephtys et Horus et une semaine de 10 jours (d’où les décans en astrologie). Mieux, ils savait que l’année possède en fait 365.25 jour, comme l’explique Champollion, dans son livre "Histoire et description de tous les Peuples-Egypte Ancienne" paru aux Editions Firmin Didot, 1832, et faisant référence à Strabon :

 

« …On voit donc par ces témoignages formels, et malgré le silence d’Hipparque, d’Ératosthène et de Ptolémée, au sujet des secours qu’ils ont trouvés dans les écrits des Égyptiens, que les prêtres astronomes d’Héliopolis et de Thèbes connaissaient la véritable longueur de l’année solaire de 365 jours et un peu moins d’un quart de jour ».

 

Les Egyptiens inventèrent aussi le découpage du jour en 24 heures. Puisque la longueur de la nuit dépend des saisons, le nombre de décans observables pendant une nuit est variable. Mais au début de l’été, à l’époque du lever héliaque de Sirius, la nuit ne dure qu’environ 8 heures et seuls 12 décans sont observables. Ce nombre fut pris – de manière un peu arbitraire - comme base du nouveau système. Le principe fut étendu à la journée, elle-même découpée en 12 heures. C’est ainsi que les Egyptiens établirent la journée de 24 heures que nous utilisons encore.

 

Retenons de tout cela que les Egyptiens étaient des astronomes connaissant 72 constellations (démonstration d’Alexandre N. Isis), maitrisant totalement la science du calendrier (année bissextile comprise), des géomètres (connaissance de Pi), des esthètes soucieux d’harmonie (usage de Phi) et des bâtisseurs hors pair.

 

 

Etaient-ils aussi des astrologues et seraient-ils à l’origine du Zodiaque actuel ?

 

 

Le zodiaque de Dendérah

 

L'original du zodiaque de Dendérah, découvert par le général français Desaix de l'expédition d'Égypte, a été découpé du plafond d'une chapelle dédiée à Osiris élevée sur le toit du temple d'Hathor à Dendérah et apporté en France par Claude Le lorrain en 1821, il est aujourd’hui exposé au musée du Louvre.

 

Dans cette représentation circulaire du Zodiaque, les constellations sont dans l'ordre que nous connaissons et les signes sont associés à des divinités : le Bélier et Amon Dieu suprême représenté par un bélier aux cornes recourbées, le Taureau et Apis symbole de fertilité, Dieu Funéraire et incarnation de Ptah, Les Gémeaux, le Cancer et Anubis, le Lion et Osiris, la Vierge et Isis, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau, les Poissons et Nephtys.

 

Exposé au Louvre, il serait daté du 7 mars 51 avant J-C., d'après la disposition des corps célestes sur la pierre, datation basée sur une éclipse solaire annulaire du même jour, Soleil et Lune étaient en Poissons. Notons seulement que le fait que cette œuvre d’une précision ahurissante indique une éclipse de 51 avant J-C ne signifie en aucun cas que le graveur l’ait réalisée à cette date. Il a pu le faire bien avant ou bien après.

 

 

Selon l'analyse de l’égyptologue C. Desroches-Noblecourt la succession des signes rappelle les avatars du Dieu agraire Osiris, éternellement vainqueur de la mort :

 

Le Verseau reflèterait la préparation de la crue; les deux sources mythiques du Nil (à l'origine celle du Nil blanc et celle de l'Atbara éthiopien) vont se manifester.

 

Les Poissons : Ce signe est une allusion à la survie souhaitée. Le défunt doit repêcher dans les eaux primordiales les deux poissons évoquant l'âme d'hier et celle de demain (le tilapia dit aussi inet et le lates).

 

Le Bélier ou plutôt le "bouc de Mendès", localité orientale du Delta où la momie osirienne commence à se transformer en soleil.

 

Le Taureau à voir comme le petit de la vache Hathor, qui porte en son sein le fœtus du soleil.

 

Les Gémeaux, les "deux enfants" du démiurge Shou et Tefnou

 

Le Cancer qui est à l'origine le scarabée kheper (dessin s'est déformé) symbole du milieu de l'année à la période la plus chaude, l'éclosion des petits du bousier contenu dans la boule d'excréments qu'il pousse est en lien avec l'éclosion de l'astre solaire, le retour à la vie d'Osiris.

 

Le Lion c'est la canicule du nom de la petit chienne canicula donné à l'étoile sothis. Le lion, c'est aussi la déesse lointaine qui revient du sud sous une forme léonine au moment de l'inondation.

 

La Vierge ou la déesse Isis tient un épi de blé évocant la mise à mort du dieu agraire Osiris (moisson). Isis veillera "au grain", c'est à dire sur le corps momifié de son époux.

 

La Balance, toujours dans le rituel osirien sert à la pesée lors du jugement du défunt.

 

Le Scorpion ou un autre aspect d'Isis. Elle fait appel à sept scorpions pour veiller sur Horus.

 

Il est cependant probable que le zodiaque ait commencé prosaïquement par un repérage saisonnier :

 

A l’époque de l’Egypte ancienne, La crue du Nil se produisait tous les ans autour du 19 juillet. Pure coïncidence, c’est aussi à cette époque que l’étoile la plus brillante du ciel, Sirius, appelée Sothis en grec et Sopdet en égyptien, avait son lever héliaque et faisait donc sa première apparition de l’année. Comme la crue du Nil allait fertiliser les terres et nourrir le peuple, l’observation du lever héliaque de Sirius, et plus généralement du ciel nocturne, devint un élément essentiel de la civilisation égyptienne.

 

Pour l’anticiper, l’observation des pleines lunes était le moyen le plus facile. Une pleine lune est un alignement entre la Lune, la Terre, et le Soleil dans lequel le Soleil et la Lune sont de part d’autre de la Terre. Ce qui veut dire que lorsque la crue commence, le Soleil est en Lion et la Lune à l’opposé, donc en Verseau.

 

Ce n’est donc pas par hasard que ce « signe » est symbolisé par un Vieil Homme porteur d’eau. La suite du Zodiaque semble suivre ce rythme lié à un cycle agricole :

 

-      Lorsqu’elle est en Poisson-Chèvre (Capricorne), c’est le moment où les poissons remontent

 

-      Lorsque la Pleine lune est en Poissons, ceux-ci se multiplient dans le Nil avec la montée des eaux.

 

-      Lorsqu’elle est en Bélier, ou « Mouton au repos » en akkadien, les troupeaux sont sans doute en effet au repos du fait de la montée des eaux.

 

-      Lorsqu’elle est en Taureau, c’est le moment d’atteler les bœufs pour labourer

 

-      Lorsqu’elle est en Vierge, c’est le moment de la récolte, l’Egypte était le grenier à Blé de Rome.

 

-      Lorsqu’elle est en Balance, c’est le moment de peser et vendre, le symbole de la balance correspondant à cet objet dans l’ancienne Egypte.

 

On peut tirer la conclusion que les symboles des signes ont probablement été créés à partir d’observations saisonnières en Egypte. Quant à leur qualités et au profil psychologique associé à chaque signe, il faudra attendre l’esprit systématique des Grecs pour le voir apparaitre.

 

 

L’apport des Grecs

 

Au moment où la civilisation grecque va atteindre son apogée, symbolisée par Alexandre le Grand et sa phalange macédonienne (-336), le temps des religions polythéistes touche à sa fin en Europe et au Moyen Orient. Le Judaïsme va bientôt se disperser autour de la méditerranée suite (chute du temple en 66, massacres des romains en 132-135), mais le Christianisme va gagner l’occident et devenir la religion dominante de cette région du monde. L’astrologie a encore quelques siècles pour se réinventer et sortir des symboliques liées aux divinités planétaires et ce sont paradoxalement l’alexandrin Ptolémée et les Grecs, rationalistes et inventeur de la géométrie qui s’en chargeront.

 

Le système astrologique Babylonien sera donc rationnalisé, avec un certain arbitraire, il faut quand même le dire…par les 4 grands auteurs dont nous possédons des livres à peu près intacts, qui sont l’égyptien Claude Ptolémée (II siècle de notre ère), le Grec Vettius Valens (ca.120), et les auteurs latins Marcus Manilius (-10 Avant J-C) et Julius Firmicus Maternus (IVème siècle).

 

Ils bâtissent un système qui dure jusqu’à aujourd’hui, et dont les ambitions (souvent insoutenables) à déterminer de façon définitive et arbitraire le caractère et la destinée des hommes seront rarement comprises et souvent violemment combattues. Tibère déjà (42 avant J-C - 37 après J-C) précipitait dans la mer du haut d'un rocher les astrologues dont les prédictions lui déplaisaient. Dioclétien (245 - 313) interdit toute espèce de divination.

 

 

Leur typologie est restée intacte, basée sur une division en 2, 3, 4 et 12 :

 

 

Les 2 polarités : 6 signes seront classés positifs (émission) et 6 signes seront classés négatif (réception), en commençant par Bélier (Positif), Taureau (Négatif)…etc

 

Les 3 qualités : les 12 signes sont divisés en signes Cardinaux (départ), Fixes (préservation) et Mutables (changement). Alexandre a apporté l’astrologie grecque en Inde, mais il est possible que ce soit la culture indienne à l’origine de cet ajout, qui ressemble étonnement à la trinité Brahma (Créateur), Vishnou (Préservateur), Shiva (Destructeur). Cela pourrait être simplement rationnalisé sous la forme des saisons : Bélier marque le début de la saison, Taureau le maintien du printemps, et Gémeaux annonce le début du changement vers une nouvelle saison… sauf que le Bélier ne commence pas encore le 1er jour du printemps à l’époque.

 

Les 4 éléments : on ne peut pas imaginer que les Egyptiens ne connaissaient pas les 4 éléments. Mais ils n’en ont pas laissé de traces. Ce sont donc les grecs qui vont classer les signes par élément, suivant l’ordre suivant : Feu, Terre, Air et Eau, qui se répète 3 fois.

 

Les 12 maisons : pour pouvoir répondre aux questions suscitées par le développement de l’astrologie généthliaque, les grecs inventent le dodécatopos, un découpage du cercle en 12 lieux, chacun associé à une sphère de la vie : le corps en maison 1 (je suis), les biens en maison 2 (j’ai)…etc.

 

 

 

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